France
September 8, 2026
Azote, carbone, structure des sols : une nouvelle étude de SEMAE traduit en euros les bénéfices agronomiques des plantes de services pour les exploitations agricoles.
Combien les plantes de services peuvent-elles réellement rapporter à une exploitation agricole ? Jusqu’à 105 €/ha pour l’azote restitué, jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols.
Autant de repères chiffrés proposés par une nouvelle étude publiée par SEMAE, l’interprofession des semences et plants, consacrée à la valorisation économique des plantes de services.
Portée par la Section Fourragères et à gazon, cette étude apporte une nouvelle grille de lecture à un sujet jusqu’ici principalement abordé sous l’angle agronomique : quel est le retour économique des services rendus par les couverts végétaux ?
Des bénéfices agronomiques désormais traduits en euros
Réduire les intrants, préserver les sols, stocker du carbone, améliorer la structure des terres… Les plantes de services portent bien leur nom, car elles sont reconnues pour les nombreux services qu’elles peuvent rendre aux systèmes agricoles.
Mais leur implantation représente également un coût pour l’exploitation. Quel est alors le bilan économique de ces pratiques ?
Pour apporter des éléments objectifs à cette question, la Section Fourragères et à gazon de SEMAE a croisé une revue de littérature scientifique française avec l’expertise de plusieurs organismes et acteurs de terrain, notamment Arvalis, l’INRAE, les Chambres d’agriculture et la commission Plantes de services. L’étude permet ainsi de convertir plusieurs bénéfices agronomiques en repères économiques exprimés en €/ha.
Trois chiffres pour mesurer la valeur des plantes de services
- Jusqu’à 105 €/ha pour la valeur de l’azote restitué au système de culture.
- Jusqu’à 128 €/ha/an pour la valeur associée au stockage de carbone.
- Jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols.
Attention toutefois : ces valeurs ne peuvent être additionnées. Chacune repose sur des hypothèses et des situations spécifiques. L’intérêt de l’étude réside donc moins dans la recherche d’un “gain total” que dans la mise à disposition de repères permettant de mieux apprécier la valeur économique de chacun des services rendus.
Le vrai retour sur investissement : préserver le potentiel de production
Au-delà de la seule réduction des achats d’intrants, l’étude fait ressortir un enseignement majeur : la valeur économique des plantes de services tient aussi à leur capacité à préserver le capital sol et à sécuriser le potentiel de production dans le temps. Autrement dit, le coût d’implantation d’un couvert ne doit pas être regardé uniquement comme une charge immédiate. Il peut également être considéré comme un investissement dans la fertilité, la structure et la capacité productive des sols.
“Cette étude donne enfin aux agriculteurs et aux distributeurs des repères concrets pour arbitrer sereinement en faveur des plantes de services”, insiste Luc Jacquet, vice-président de la Section Fourragères et à gazon de SEMAE.
La qualité de la semence : un facteur économique essentiel
L’étude ouvre également une piste de réflexion sur un élément encore peu documenté : le rôle de la qualité des semences dans la réussite d’un couvert et, par conséquent, dans son bilan économique. Une implantation réussie conditionne en effet la capacité du couvert à assurer les services attendus. La semence de qualité constitue le premier investissement dans la réussite de la plante de services.
Cette question mérite d’autant plus d’attention que les agriculteurs sont aujourd’hui confrontés à un double enjeu : maîtriser leurs charges tout en développant des pratiques permettant de préserver durablement leur potentiel de production.
Une étude pour éclairer les choix des agriculteurs
Avec cette étude, SEMAE souhaite contribuer à objectiver les choix techniques et économiques des agriculteurs et des distributeurs, en donnant une valeur économique aux différents services rendus par les plantes de services. L’objectif n’est pas de présenter les plantes de services comme une solution universelle, mais de fournir des données et des repères pour mieux intégrer leur coût et leurs bénéfices dans les décisions de l’exploitation.
L’étude complète est disponible en téléchargement sur le site de SEMAE.