Montpellier, France
September 26, 2008
Pour le
Cirad et la
Coodetec, après
dix-huit ans de partenariat au Brésil dans le cadre d’un
programme d’amélioration variétale du cotonnier, le succès est
au rendez-vous. Les variétés créées sont plus productives et
adaptées à divers systèmes de culture, résistantes ou tolérantes
aux maladies pour certaines d’entre elles, et la fibre est de
qualité.
Après dix-huit années de coopération fructueuse, le programme
d’amélioration variétale du cotonnier conduit par le Cirad au
sein de la Coopérative centrale de recherche agricole
brésilienne (Coodetec) est en passe de se terminer. Le programme
a permis de créer et de commercialiser dix nouvelles variétés
destinées à répondre aux exigences du marché international. Ces
variétés sont ainsi plus productives et fournissent une fibre de
meilleure qualité. Afin de réduire la quantité élevée de
pesticides nécessaire pour contrôler maladies et ravageurs,
certaines d’entre elles sont également résistantes ou tolérantes
à la maladie bleue (d’origine virale, transmise par les
pucerons), à la bactériose, à diverses maladies fongiques
(ramulose et ramulariose) et aux nématodes. Plusieurs de ces
variétés sélectionnées ont connu un vif succès. En 2004, elles
couvraient près de 15 % du marché semencier brésilien et 30 % du
marché paraguayen.
Ce programme représente un modèle de coopération
pluridisciplinaire entre un organisme de recherche public et une
institution coopérative émanant des producteurs. Il a notamment
été, en grande partie, autofinancé par les royalties liées aux
variétés lancées sur le marché. Il a également permis de créer
des partenariats spécifiques pour traiter de thématiques
complémentaires à la création variétale (identification de
pathogènes, évaluation de l’intérêt des transgènes, interactions
avec les couvertures végétales en systèmes de semis direct,
haute densité, etc.).
Le programme a accompagné les grandes mutations de la culture
contonnière au Brésil
Tout a commencé en 1990. La fin du monopole de production de
semences de coton dans l’Etat du Paraná conduit les coopératives
agricoles à créer leur propre programme de recherche cotonnière.
Leur objectif : permettre à leurs adhérents d’accroître la
productivité et d’améliorer la qualité de la fibre. A cette
époque, la production cotonnière brésilienne est concentrée dans
les Etats du Paraná et de São Paulo. Elle provient
majoritairement de petites exploitations familiales pour
lesquelles cette culture représente une importante source de
revenu. L’appui du Cirad à la Coodetec, simple prestation de
service en sélection en 1990, est devenu par la suite un
véritable partenariat, l’équipe du Cirad se renforçant par la
venue d’un entomologiste, d’un agronome et de technologues.
Le programme a ainsi accompagné les grandes mutations auxquelles
a été confrontée la culture cotonnière. Celle-ci a aujourd’hui
quasiment disparu du sud du Brésil pour se concentrer dans le
Cerrado, au centre-ouest du pays, où elle s’étend sur environ un
million d’hectares. Avec cette évolution, l’agriculture
familiale a laissé la place à de grandes exploitations et à la
récolte mécanisée. Pour accompagner cette évolution, les
chercheurs ont développé des variétés adaptées à divers systèmes
de culture comme le semis direct sur couverture végétale, le
coton de deuxième cycle ou le semis à forte densité. Les
recherches ont été étendues aux Etats du Mato Grosso do Sul, du
Mato Grosso, de Goiás, de Bahia, du Minas Gerais, appuyées par
la création de deux nouvelles stations de recherche de la
Coodetec. Au Paraguay, les travaux ont été menés en partenariat
avec un groupe semencier local, la Sociedade Agrícola Golondrina
SA.
Une partie de la collection brésilienne pourrait enrichir les
programmes de recherche africains
Cependant, la compétition est récemment devenue plus dure pour
des structures modestes comme la Coodetec. L’autoproduction de
semences par les grands producteurs s’est généralisée, de même
que l’importation frauduleuse de semences provenant des pays
voisins. Ces cinq dernières années, le marché brésilien des
semences certifiées s’en est trouvé fortement réduit, sans
compter la présence renforcée des grandes compagnies semencières
multinationales.
Cette situation conduit aujourd’hui la Coodetec à focaliser son
activité sur les attentes des producteurs du Sud brésilien, pour
lesquels le coton n’est plus une culture dominante. Le programme
pourrait être repris par des associations de producteurs du Mato
Grosso. De son côté, le Cirad souhaite répondre plus
efficacement aux attentes du monde rural africain. Une partie de
la collection de ressources génétiques créée au Brésil pourra à
terme contribuer à enrichir les programmes de recherche
africains. |
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